L'AIKIDO est une discipline qui peut être vue sous différents éclairages selon ce que peuvent rechercher les pratiquants à un instant donné : 1) Une Méthode réaliste de défense anti agressions à l'opposé des techniques "magiques » de "self défense" qui ne font que tromper les personnes sur leurs réelles capacités, en les mettant objectivement en danger. 2) Des Techniques de maîtrise des énergies  où, notamment, les notions de respiration, de centre, de posture, de distances et de placement, optimisent les capacités énergétiques des individus 3) Une Discipline de santé et d’entretien physique accessible à tous où, notamment, le principe central de non résistance rend durable et optimise les acquis de la pratique tout au long de la vie. 4) Un art de vivre au quotidien, où ce même principe de non résistance conforté par un positionnement adapté et une posture traduisant une plénitude énergétique, améliorent les relations et l’ouverture aux autres, rejoignant ainsi la finalité décrite par o sensei morihei UESHIBA : un art de guerre qui conduit à la Paix.5) Une philosophie emplie d’une pratique qui permet de découvrir des cultures ancestrales pleines d’enseignements.

 

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ACTUALITÉS

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centre ou hara

Tanden

(extrait du traité didactique d'aïkido traditionnel d'Alain PEYRACHE)

Aïkido Bressan do de Aïkido dojo Bourg en Bresse 01

Toute une terminologie plus ou moins vague est employée pour désigner le "Tanden " Hara, Seika no itten" (point unique, centre ... ).
Un bon professeur, par une pédagogie de situation, amène l'élève à la prise de conscience de son centre, même si son enseignement n'est pas formel.
En effet, en Aiki-do il n'existe pas de ligne droite ni de mouvements syncopés.
Tous les mouvements sont circulaires.

C'est donc une des premières raisons de rechercher son centre, car comme l'a dit Plotin, "le centre est le père de cercle".
A partir d'un centre on peut exécuter toutes sortes de cercles mais toutes sortes de cercles ne vous donnent pas obligatoirement conscience du centre.

 

Mécaniquement, toute force est définie par cinq critères:

Physiologiquement, l'abdomen est l'endroit du corps où siège le centre de gravité de l'homme.

Les études de Léonard de Vinci concernant "l'imbrication de l'homme dans le cercle" en sont un bon exemple. Il faut savoir qu'un des muscles les plus forts du corps humain se situe dans le ventre (2).

Energétiquement, ce lieu privilégié est le siège de toute l'alchimie du corps humain. Digestion, assimilation et emmagasinage de la quintessence énergétique

Ce lieu est en rapport avec l'étincelle de vie qui contient le bagage énergétique. Ce dernier ira en s'amenuisant suivant l'hygiène de vie de l'individu et sa disparition implique la mort a. Ce centre a des rapports intimes avec la respiration, les échanges gazeux (respiration abdominale).

En résumé, il est le foyer de l'énergie ancestrale ; le combustible = l'alimentation, le comburant, l'air de la respiration. Lavoisier dit : "La vie est une combustion". L'homme se consume et brûle.

Ne retrouvons-nous pas la trilogie de l' Aikido, "la terre, l'homme, l'univers" ?

Il est évident que ces trois paramètres sont interdépendants. Un mauvais combustible demandera plus d'air, laissera plus de déchets à évacuer et surchargera les organes excréteurs qui, s'ils ne suffisent plus, encrasseront le foyer, etc ...

La pratique de l'Aikido avec sa respiration abdominale augmente les capacités énergétiques, facilite la combustion, soulage les organes excréteurs et décrasse l'organisme ( massage mécanique des organes par la pression, dépression des diaphragmes respiratoires (thoracique pelvien) agissant comme un piston dans la chemise constituée par les muscles abdominaux et lombaires.).

Sur le plan de la santé c'est déjà un résultat, mais en plus la prise de conscience énergétique du corps permet au pratiquant de dynamiser l'énergie.

Maître Nakazono ne disait-il pas

"l'énergie doit être utilisée dans les trois jours sinon elle pourrit, le corps prend cette odeur de pourriture, et les facultés d'accumuler l'énergie se réduisent !" ?

Philosophiquement "Von Durkeim", dans son livre "hara, centre vital de l'homme" nous dit "ventre rentré, poitrine sortie, dénote une attitude mentale fausse et une nation qui aurait de tels principes courrait à sa perte".

Pourtant dans les sociétés occidentales, cet axiome correspond au canon de l'esthétique pour arriver à la caricature culturiste : poitrine développée, ventre plat, hanches étroites ... soit la position du triangle inversé. Cette forme ne peut être que l'expression d'une aspiration à sur développer le yin terrestre.

Comment s'étonner alors que les peuples cultivant ces principes prônent les intérêts matériels au détriment des préoccupations spirituelles, qu'ils s'agitent pour des motifs aussi futiles que la mode et les canons de la société de consommation.ônent les intérêts matériels au détriment des préoccupations spirituelles, qu'ils s'agitent pour des motifs aussi futiles que la mode et les canons de la société de consommation.

Les sociétés orientales, elles, représentent des bouddhas au ventre proéminent (relativement rare chez les ascètes) qui ont une vie contemplative ; le suicide rituel consistait à se couper le ventre, centre de la vie terrestre, tandis que les européens se tirent une balle dans la tête.

Ainsi le schéma oriental serait plutôt le triangle normal, A expression du yang céleste dans son aspiration. Certains disent que la croix christique + est représentée par l'union des deux avec un yin fort, car nous appartenons provisoirement au monde terrestre.

Les juifs ont pour symbole l'étoile de David qui représente l'étroite interpénétration des deux au niveau du manifesté.

Sur le plan technique, un bon shizei doit éxuder l'énergie du corps, ceci doit être une réalité pour le pratiquant et son entourage. Ce n'est techniquement possible qu'à partir du moment où non seulement le pratiquant est conscient de son centre mais où il sait l'utiliser dans chaque acte de la vie, aussi insignifiant soit-il (marche, seiza, salut ... ). C'est seulement à partir du moment où il sera l'apanage du pro (1) qu'il sera efficient ; pour cela, il faut une pratique correcte et non un gestuel ou un simulacre d'Aikido.

D'un point de vue pratique, il existe des relations privilégiées entre le centre et le kokyu. En effet, lors d'une respiration normale, une bonne partie de l'air reste à l'intérieur des poumons car la respiration est souvent superficielle.

Pendant la phase préparatoire à la séance, les exercices respiratoires travaillent l'expiration et on vide cette réserve qui n'est pas normalement renouvelée (2). L'inspiration réflexe permet de sentir la différence avec l'état normal et de prendre une conscience plus ou moins aigüe suivant l'expérience du quantum énergétique. A partir de cet instant, le pratiquant se sent décontracté et très puissant en même temps.

Il est évident que, lors de l'exercice de l'inspiration abdominale, une tension du bas-ventre n'est possible que si au niveau de l'anus (exactement 4 à 5 cm à l'intérieur) une masse musculaire ferme cette ouverture, sinon la pression abdominale éjecterait les déchets à l'extérieur (en ce cas, serrer les fesses car il est difficile de bouger).

Selon les taoïstes qui pratiquaient des exercices similaires, le but est 'de réchauffer ce centre par l'apport énergétique de l'air. Ce réchauffement énergétique peut parfois provoquer des pertes de semence chez l'homme, ce qui doit être évité par divers systèmes : par exemple la compression mécanique de l'urètre lors de certaines postures demi-lotus, seiza avec le talon ...

Les Taoïstes réchauffaient cette énergie, puis la faisaient remonter le long de la colonne vertébrale jusqu'à la tête pour qu'elle soit sublimée en communion avec le yang cosmique, ce qui permet d'atteindre l'état de vacuité là où les mots sont incapables de décrire cette expérience mystique (voir l'expérience de 0 Sensei).

En fait, il s'agit de redevenir."UN" : but cher aux Aikidoka où la voie est plus facile car "l'adversaire vous renvoie votre égo".

Cette acquisition est relativement rapide quoique certains professeurs, comme Me Sugano, n'abordent pas ce genre de problèmes avant 4 ou 5 ans de pratique, celle-ci restant uniquement au niveau du physique. Si statiquement il est relativement facile d'être concentré surson centre, les difficultés vont commencer à partir du moment où l'étudiant va être dynamique. Cette première étape se situe dans le début du cours en général, les pratiquants arrivent avant le professeur, s'assoient en seiza, et se concentrent à ce moment-là sur l'exercice que nous venons de décrire.

Ensuite, le cours commence.

Lors de la préparation et des exercices de bases généralement pratiqués seul, l'étudiant devra maintenir cette concentration sur le tanden et en faire le centre de son mouvement. Les épaules et les bras sont souples, le poids réparti sur les deux jambes fléchies (en fait l'attitude décrite dans le chapitre shizei).

C'est là que les difficultés commencent, c'est pour cela qu'il est impératif de ne pas parier. Pour ceux qui ont des difficultés pour trouver leur centre, tous les exercices doivent tendre à ce que cette notion devienne l'apanage du pro (1).

La conscience du tanden doit être instinctive dans le travail statique puis dynamique, puis avec toute notre concentration dirigée sur le ou les aïtés, ou la recherche présente du cours.


Le tanden a pour corrolaire le shizei qui permet de-faire quelque chose, c'est la base sur laquelle est bâti l'édifice de votre connaissance, c'est la première pierre d'une pyramide. Les sources d'erreurs sont déjà 'nombreuses à ce niveau là, c'est pour cela qu'en fait, selon sa progression, même à un haut niveau, l'acquisition d'autres bases va vous amener à améliorer cette notion et vous permettre de lui donner une autre dimension au fur et à mesure de votre élévation dans la discipline, justifiant un des axiomes de la philosophie extrême-orientale :

"tout est dans tout" Dans la pratique des arts martiaux où la technique de l'haragei (Utilisation du hara.) est une des bases de la discipline, les étudiants font des exercices où ils ont le ventre enroulé dans une grosse ceinture au-dessus du nombril, ils s'entraînent à faire passer leur souffle mentalement en dessous de celle-ci (en aïkido cette technique est constante) (2) ; physiologiquement, cela se traduit au début par un gonflement du bas ventre face à soi, mais très rapidement la poussée se dirige vers le bas, le coeur ralentit son rythme, la respiration aussi, le pratiquant sent en lui une unité nouvelle.

Le noeud du hakama se situe à l'emplacement du Seika no itten

Les sensations sont différentes selon les individus et leur degré de recherche dans l'exercice, c'est pour cela qu'il faut des senseis (professeurs) ayant franchi ces étapes et la connaissance est directement liée à la relation maître disciple.

C'est là que réside la difficulté pédagogique du professeur qui ne se borne pas à l'étude du manifesté (physique, technique, gestuel), mais qui enseigne à un niveau plus subtil où les défauts ou les qualités du travail technique ne sont que des projections et la partie visible de la connaissance dans la discipline.

Un des plus grands problèmes que rencontrent les professeurs, c'est l'étudiant qui se recentre sur lui-même, le visage traduisant un rictus de concentration dont la gravité et l'apparente douleur montrent à l'extérieur que le ki ne saurait tarder à surgir ; L'aité doit attendre le moment favorable, ce qui présente certaines analogies avec la maïeutique, mais ce n'est pas aïkido. Bien sûr il faut être concentré, mais il faut être disponible, prêt à toute éventualité ; l'aïkido c'est l'adaptation harmonieuse et juste à des situations imprévues. N'oublions pas que dans une discipline martiale, une fraction de seconde compte.

Un exercice bien conduit, l'entraînement régulier et bien orienté sont nécessaires pour surmonter cette difficulté. On n'est pas pratiquant 2 heures par semaine, mais 24 heures sur 24 et, de ce fait, l'aïkido atteint une autre dimension, "un art de vivre" et non pas une connaissance intellectuelle et conceptuelle de plus, ce n'est pas une technique mais un état d'esprit.

Une autre difficulté rencontrée par J'enseignant est que cette connaissance est très personnelle et très difficile à transmettre, le professeur donne une description qu'il croit être claire, mais le visage et les réflexions de certains montrent que l'on n'est pas compris.. Les élèves ne comprennent pas ce que recouvrent les mots ou la démonstration, chacun juge et interprète à l'aide de ses idées, de ses critères sur l'Aïkido. Or ceux-ci sont imparfaits et partiels ; c'est pour cela que les progrès sont si longs et que, plus que le fruit d'un raisonnement intellectuel, ils sont le fruit d'une éducation.

Je dois dire que c'est décourageant.  Il faut créer chez l'élève l'envie d'y arriver, puis un jour, il comprend certaines choses puis' d'autres, il vous reproche de ne pas lui avoir expliqué plus tôt, il vous reproche d'avoir changé de technique. Ce moment-là est la récompense du professeurqui lui montre que tous ces efforts en commun n'ont pas été vains.

Changer de maître constamment lorsqu'on n'a pas les clefs déroute. Cela semble enrichir au niveau de la compilation de divers styles. En fait l'acquis n'est que gestuel crée des scissions et déviations. On juge et décide sans connaître les fondements et d'après notre description Personnelle qui est incomplète et souvent érronée. Comme le dit très justement FrithjofI Schuon : " l'homme ne comprend pas que l'accumulation des connaissances, quelle qu'en soit la nature, implique nécessairement un appauvrissement interne"...